Alter
n° 3 / 1995

« L’animal »

Alter, « Alter ». 544 p., 16 × 22 cm. ISBN : 978-2-9507990-2-9
Traditionnellement, la réflexion sur l’animal prend son point de départ dans l’horizon de la différence avec l’homme, dont le critère, depuis Aristote, est le logos, qu’on l’entende comme raison, discours ou langage : l’homme est l’animal qui le logos. Interroger l’animal revient à s’enquérir de l’homme, et inversement, à situer leur relation entre la séparation radicale et la parenté reconnue : l’animal est appréhendé comme un pôle d’opposition par rapport à l’homme. Comment se soustraire à cette polarité? Ne s’est-elle pas d’ailleurs aujourd’hui en partie évanouie?
Répondre aux questions concernant l’animal serait une manière d’ouvrir la philosophie aux décisions qui incombent à chacun, ce à quoi elle ne contribue guère aujourd’hui en se retranchant dans l’analyse des doctrines constituées. Certes, rendre justice à l’ampleur du problème dépasse le cadre d’un parcours qui voudrait néanmoins contribuer, par une interrogation phénoménologique de l’animal, à renouveler son approche philosophique en lui conférant un lieu déterminé dans l’horizon présent, et à en évaluer ainsi les conséquences sur les discours théorique et pratique. En effet, la phénoménologie, si elle aborde à son tour cette polarité de l’homme et de l’animal, lui fait subir bien des transformations, dont la plus immédiate consiste à mettre entre parenthèses le contenu positif et mondain de la distinction. Comment permet-elle donc, sans présupposition, de poser autrement le problème de l’animal? Offre-t-elle ici des ressources méthodologiques singulières?
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