BERMON (E.)

BERMON (E.) : liste des livres, ouvrages ou revues disponibles à la Librairie Philosophique J. Vrin.

BERMON (E.) : La signification et l’enseignement. Texte latin, traduction française et commentaire du De magistro de saint Augustin
Dans le dialogue philosophique sur le Maître, Augustin soutient devant son fils Adéodat la thèse qu’aucun homme ne peut rien apprendre au moyen du langage. Selon lui, loin de montrer ce qu’ils signifient, les signes ne font qu’avertir celui qui les perçoit de consulter ses sens, sa mémoire ou le « Maître intérieur », c’est-à-dire la vérité, qui enseigne immédiatement à l’esprit tout ce qu’il peut comprendre.
Le présent commentaire s’attache à éclairer la démonstration d’Augustin en la situant dans l’ensemble de son œuvre. Il étudie ses emprunts aux principales doctrines antiques de la signification (grammaire ancienne, sémantique stoïcienne, critique sceptique des signes) et montre comment ceux-ci sont refondus dans une œuvre originale, qui est sans doute le chef-d’œuvre de l’Antiquité sur le langage. Au-delà de l’horizon antique, la perspective s’ouvre à des thématiques contemporaines. L’« image augustinienne » du langage présentée par Wittgenstein au début des Recherches philosophiques sert de modèle pour apprécier la pertinence de la critique du pouvoir des signes menée dans le Maître, où l’on voit Augustin s’interroger sur la signification des « parties du discours », mettre en évidence la réflexivité du langage et délimiter le domaine de compétence des mots et de la définition ostensive.
BERMON (E.) : Le Cogito dans la pensée de Saint Augustin
Selon Descartes, la pensée augustinienne du cogito se résumait à une inférence qui « aurait pu tomber sous la plume de qui que ce soit » et qui servait de point de départ à des spéculations purement théologiques. Husserl quant à lui estimait que « l’indubitabilité de l’ego cogito », qu’Augustin avait le premier découverte, ne jouait en fait chez lui que le rôle d’un simple argument dirigé contre les Sceptiques. Ces interprétations, fondées sur le texte de la Cité de Dieu où apparaît le célèbre « Si enim fallor, sum », peuvent-elles s’appliquer à l’analyse beaucoup plus approfondie qu’Augustin développe au livre X de la Trinité?
Le but de cet ouvrage est de dégager l’enjeu philosophique de la pensée augustinienne du cogito en obéissant à un double souci : situer la réflexion d’Augustin dans le champ de la philosophie antique et procéder à des rapprochements avec les perspectives ouvertes après lui par Descartes et Husserl.