BARBARAS (R.)
BARBARAS (R.) : liste des livres, ouvrages ou revues disponibles à la Librairie Philosophique J. Vrin.
– BARBARAS (R.) : Introduction à une phénoménologie de la vie
La question de la corrélation entre l’étant transcendant et ses modes de donnée subjectifs, question qui est au cœur de l’entreprise phénoménologique, conduit inévitablement à aborder le problème du sens d’être du sujet de la corrélation en tant que celui-ci à la fois appartient au monde et est une condition de son apparaître. Conformément à cette double exigence, le sujet doit être caractérisé comme vivre, ce qui revient à dire que la phénoménologie n’a de sens que comme phénoménologie de la vie. La vie doit ici être comprise en un sens originaire, plus profond que la distinction de l’être en vie (leben) et de l’épreuve de quelque chose (erleben) : elle échappe à l’alternative d’une vie intransitive et d’une vie transitive.
Le but de ce livre est de jeter les bases de cette phénoménologie. Une telle entreprise requiert d’abord de mettre en évidence les limites et les présupposés des philosophies, phénoménologiques ou non, qui se confrontent à la question de la vie. Elle débouche sur une caractérisation positive du vivre comme Désir, autre nom de la corrélation, rapportant l’un à l’autre un sujet qui est Réalisation et un Être qui est Inachèvement.
– BARBARAS (R.) : Le désir et la distance. Introduction à une phénoménologie de la perception
Bien que la perception soit ce qui nous initie originairement à l’Être sous la forme d’un “il y a” primordial, la tradition en a le plus souvent manqué la spécificité. Il est donc nécessaire de repenser la singularité de l’événement perceptif, reconnue pour la première fois par Husserl sous le titre de “donation par esquisses”, au lieu de la soumettre à la loi de l’objet. Une telle exigence requiert une réduction radicale, qui ne va pas de la suspension de l’existence du monde à la subjectivité transcendantale mais de la critique du néant – toile de fond de toute ontologie de l’objet – au monde comme a priori de tout apparaître. A ce monde, totalité imprésentable, correspond un sujet dont le sens d’être fait problème puisqu’il est à la fois un moment du monde et en rapport avec la totalité comme telle. Un tel sujet doit être abordé à partir du mouvement vivant et son être caractérisé comme désir.
– BARBARAS (R.) : Le tournant de l’expérience. Recherches sur la philosophie de Merleau-Ponty
L’œuvre de Merleau-Ponty est tout entière commandée par le souci de mettre rigoureusement en œuvre le mot d’ordre husserlien de retour aux choses mêmes, ce qui exige, conformément au geste amorcé par Husserl dans la Krisis, de reconnaître l’œuvre de l’idéalisation -c’est-à-dire de l’objectivation- là même où elle se fait oublier, afin de la neutraliser. A l’instar de Bergson, pour qui la tâche de la philosophie était d’aller chercher l’expérience au-dessus du tournant où, s’infléchissant dans le sens de l’utilité, elle devient proprement l’expérience humaine, pour Merleau-Ponty, la tâche de la pensée est de se situer à ce tournant où l’expérience s’accomplit et se voile à la fois dans des productions où elle se fait proprement humaine, de définir un sens de l’Être antérieur à la bifurcation du préobjectif et de l’œuvre idéalisante. Le but des recherches est de tenter de clarifier la nature exacte du tournant de l’expérience ainsi que le projet phénoménologique merleau-pontien.
– BARBARAS (R.) : Vie et intentionnalité. Recherches phénoménologiques
L’objet de ce livre est de montrer que l’intentionnalité, condition de l’apparition de l’étant, ne peut être caractérisée de manière conforme à son essence que si elle est comprise comme vie. En effet, une philosophie rigoureuse de l’intentionnalité est soumise à une double contrainte. D’un côté, comme l’a souligné Merleau-Ponty, le sujet de la perception ne peut être défini comme une sphère d’être absolue surplombant le monde : il est du monde, et cette intramondanéité doit être comprise comme incarnation. Cependant, en mettant en avant un concept univoque de la chair, par delà la différence des étants du monde et du corps propre, Merleau-Ponty d’interdit d’accéder au sens d’être véritable de celui-ci. Or, comme l’a montré Heidegger pour sa part, le monde ne saurait être éclairé dans sa constituion par un retour à un étant du même mode d’être : le Dasein humain diffère de tous les autres étants en ce qu’il existe et c’est donc bien au plan existential que l’intentionnalité doit être ressaisie.
C’est à Patocka qu’il revient d’avoir su concilier la différence radicale du sujet intentionnel et son intramondanéité en proposant une caractérisation existentiale du corps comme mouvement vivant. Les études réunies ici visent toutes à explorer la voie, ouverte par Patocka, d’une phénoménologie de la vie.