BACHELARD (G.)
BACHELARD (G.) : liste des livres, ouvrages ou revues disponibles à la Librairie Philosophique J. Vrin.
– BACHELARD (G.) : Essai sur la connaissance approchée
Dans ce premier écrit qu’est sa thèse principale (1927), Bachelard étudie le processus d’affinement de la connaissance scientifique.
Le rôle de la connaissance approchée est défini dans les sciences expérimentales, où le degré de précision, confronté au contingent et à l’indivisible, atteint nécessairement une limite; ainsi que dans les sciences mathématiques qui, soumises à ce même « fractionnement épistémologique et ontologique », se prêtent néanmoins à une approximation illimitée, puisque l’infini mathématique permet de créer toujours de nouveaux êtres irrationnels assurant la continuité de l’indéfini des nombres rationnels.
Par conséquent, on atteint jamais qu’un fait rectifié et provisoire. La connaissance de la réalité se vérifie progressivement à chacune de ses acquisitions, et cette rectification constitue la véritable réalité épistémologique, car elle exprime la pensée dans son dynamisme profond : « l’approximation, c’est l’objectivation inachevée, mais c’est l’objectivation prudente, féconde, vraiment rationnelle puisqu’elle est à la fois consciente de son insuffisance et de son progrès ».
En marge des débats du pragmatisme, les concepts de réalité et de vérité sont investis d’un sens nouveau par une philosophie de l’inexact.
– BACHELARD (G.) : Étude sur l’évolution d’un problème de physique. La propagation thermique dans les solides
La formation des concepts scientifiques à partir du XVIIIe siècle atteste d’un développement parallèle des mathématiques et de l’expérience. Nos observations ne sauraient en effet se traduire en termes de sensations immédiates; les phénomènes thermiques soulignent combien la sensation est impropre à évaluer la température; celle-ci n’est qu’une des variables d’un complexe offrant bien peu de prise à l’analyse et par conséquent à l’abstraction. La physique, qui était d’abord une science des “agents”, devient alors une science des “milieux”.
Plus encore que la pensée commune, la pensée scientifique vit de rapports et elle ne peut connaître un phénomène qu’en l’incorporant à un système, ou du moins en le pliant aux principes d’une méthode. L’étude de la propagation thermique devait, à quelque moment que ce fût de l’évolution scientifique, suggérer des principes philosophiques,et le problème de la physique mathématique rejoindre alors le problème traditionel de la philosophie : comment la réalité peut-elle être analysée par la raison?
– BACHELARD (G.) : Études
« J’étudie! Je ne suis que le sujet du verbe étudier. Penser je n’ose. Avant de penser, il faut étudier. Seuls les philosophes pensent avant d’étudier » .
Dans son dernier livre La flamme d’une chandelle, Gaston Bachelard s’est défini comme un étudiant. Nous n’avons pas cru lui être infidèle en présentant ces Études réfléchies, qui portent trace d’itinéraires de recherche et de problématiques.
Sont ici rassemblés les textes suivants : Noumène et microphysique, La critique du concept de frontière épistémologique, Idéalisme discursif, Lumière et substance et Le monde comme caprice et miniature.
– BACHELARD (G.) : La formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective
« C’est surtout en approfondissant la notion d’obstacle épistémologique qu’on donnera sa pleine valeur spirituelle à l’histoire de la pensée scientifique. […] L’épistémologue doit donc s’efforcer de saisir les concepts scientifiques dans des synthèses psychologiques effectives, c’est-à-dire dans des synthèses psychologiques progressives, en établissant, à propos de chaque notion, une échelle de concepts, en montrant comment un concept en a produit un autre, s’est lié avec un autre. Alors il aura quelque chance de mesurer une efficacité épistémologique. Aussitôt, la pensée scientifique apparaîtra comme une difficulté vaincue, comme un obstacle surmonté. »
– BACHELARD (G.) : Le pluralisme cohérent de la chimie moderne
Sans proposer une simple histoire de la chimie, cet ouvrage de Gaston Bachelard se propose de développer, à l’occasion des progrès de la chimie moderne, une lecture philosophique de cette évolution, autour d’une idée articulant dialectiquement deux directions distinctes : « la pensée du chimiste semble osciller entre le pluralisme d’une part et la réduction de la pluralité d’autre part ». C’est dire que Bachelard se propose ici de caractériser le soubassement philosophique de la pensée épistémologique promue par la récente évolution de la chimie moderne. Si la découverte scientifique est liée, dans le cas de la chimie, à la mise au jour de nouvelles substances, et ainsi au développement d’un pluralisme des substances, la tâche du philosophe consiste dès lors à montrer que « derrière tout pluralisme on peut reconnaître un systèle de cohérence ».
C’est cette thèse majeure que déploie cet ouvrage dans une progression qui, du problème philosophique du divers, mène, en passant par une analyse détaillée de l’apport considérable de Mendéléiev à la chimie moderne, à l’idée philosophique d’une harmonie substantielle.